Toutes les questions sur la Franc-maçonnerie que vous n'avez jamais osé poser !

Découvrez nos partenaires ci-dessous


FRANC-MAÇONNERIE ET POLITIQUE

Commandez-le livre intégral dès maintenant

Commençons par le point principal : mélanger la Franc-maçonnerie et la politique est similaire à mélanger la religion et le sexe, sous prétexte que l’un fait du bien au corps et l’autre à l’esprit. C’est un mélange des genres totalement incompatible et impraticable, du moins si on veut être sincère. La raison est la suivante, la politique repose exclusivement sur un principe de dualité (droite - gauche / pour - contre / capitalisme - socialo-communisme…), alors que la Franc-maçonnerie travaille précisément à sortir de la dualité pour explorer le ternaire…

Lorsqu’un maçon entre en Loge pour y pratiquer des activités sociales ou politiques, cela revient en quelque sorte à un automobiliste qui, une fois dans son véhicule, aurait un pied sur le frein et l’autre sur l’accélérateur. Comment peut-on justifier deux actions totalement antinomiques ? Certains penseront probablement qu’il existe des pays à pratique théocratique, pourtant dirigés par un système démocratique. On peut même se demander si les Etats-Unis n’en font d’ailleurs pas partie[1] ? Alors, pourquoi ne pas faire une confusion entre la Franc-maçonnerie et la spiritualité ? La réponse est la suivante : il est matériellement impossible de travailler sa spiritualité et de débattre sur des sujets qui enflamment les passions et qui divisent les humains. Tous les maçons se plaisent à répéter que la maçonnerie travaille à « rassembler ce qui est épars et répandre partout la lumière ». Il faut donc faire un choix clair et cesser l’hypocrisie. En somme, il faut arrêter de justifier sa peur et affronter enfin le vrai problème, qui est la remise en question de soi-même. Ce point ramène aussi à une question d’identité. La maçonnerie est-elle une voie socialo-politico-culturelle ou une voie spirituelle ? Ā ceux qui répondent : « un mélange des deux », je rétorque simplement qu’il est en effet possible de rajouter une dose de spiritualité à la politique, mais le contraire est absolument impossible au risque de la profaner.

Abordons maintenant le sujet des mauvais exemples en Franc-maçonnerie. Il existe en France plus de 600 000 élus politiques et on nous rebat les oreilles avec quelques dizaines d’affaires qui touchent un noyau de profiteurs. Cela représente un infirme pourcentage et surtout, cela jette le discrédit sur toute la classe politique. Affirmer que tous les élus sont des salauds est un raccourci qui manque de pondération. On ne peut pas rejeter 600 000 personnes pour une centaine de magouilleurs, de profiteurs. Nous pourrions prendre le même exemple dans le clergé et dans la caste des grands financiers de ce monde. Il en est de même en Franc-maçonnerie. Sur 180 000 pratiquants de l’Art Royal dans notre pays, il y a une catégorie très visible qui fait feu de tout bois et ternit notre image. Pouvons-nous les identifier ? Pas toujours. Pouvons-nous les exclure ? La réponse est oui ! Est-ce que c’est toujours fait, la réponse est non. Prenons un exemple : le Frère Jérôme Cahuzac est membre du Grand Orient de France depuis le soir de son Initiation, un certain lundi 29 avril 1996[2]. Or, depuis sa démission du gouvernement le 19 mars 2013, suite à sa mise en examen pour accusations de fraude fiscale, il a aussi été suspendu du GOdF, mais pas encore radié. Le Grand Orient de France attend la décision judiciaire pour valider sa radiation. Ce qui m’échappe au-delà du principe élémentaire de la présomption d’innocence, propre à tous, c’est le principe de règle morale. Un ancien Ministre de la République qui se parjure à ce point, est-il utile d’attendre une décision de justice pour déclarer qu’il n’a plus rien à faire en Loge ?

Lorsqu’on ose le mélange spiritualité et politique à des fins parfois confuses, il serait utile d’être irréprochable et surtout de n’accorder aucune clémence à ses membres, surtout lorsqu’ils s’écartent du droit chemin pour leur seul intérêt.

Je me souviens avoir frappé à la porte d’une Loge du GOdF, au XXème siècle, la réponse ne fut pas négative de la part de la Loge, mais on me demandait de fournir des copies de mes diplômes scolaires, de mes références professionnelles et personnelles… pour un peu, il ne manquait à la demande que la copie de mon permis de conduire et un examen d’urine.

Ā l’époque, je n’avais pas trouvé cette procédure très souple. Alors quand je vois aujourd’hui des passe-droits avec des personnalités politiques, en effet oui, je suis comme la majorité des gens simples, je me dis que c’est intolérable. Selon moi, c’est aux Francs-maçons des diverses Obédiences de faire le ménage dans leurs effectifs. Ce n’est pas gagné !

Par ailleurs, il n’est pas facile dans certaines autres Grandes Loges, de sanctionner une brebis très égarée, lorsque le Grand Maître ou la Grande Maîtresse confond sa fonction avec celle d’ambassadeur de la cause politique. Il faut être clair et sans ambiguïté : la Franc-maçonnerie est-elle un nouveau ministère qui a pour fonction de nous préserver de Daesh ou des anti-mariages gays et de promouvoir la gestation pour autrui… ?

Il serait utile de bien définir où se trouve la ligne jaune. Ainsi, le grand public aura une idée réaliste et attrayante de ce qu’est la Franc-maçonnerie.

J’observe comme beaucoup d’entre vous que les choses ne sont pas claires, cela engendre une légitime confusion chez certains. De nombreux maçons en Loge, dont je fais partie, aimeraient pouvoir dire stop, mais comment faire ?

La problématique de fond est la suivante : dans les pays dont le système politique est à liberté restreinte (monarchie, oligarchie, autocratie, théocratie...), les diverses cellules du pouvoir regroupent généralement les fonctions sociales, culturelles, économiques, spirituelles et bien entendu… politiques ! En fait, tout est décidé assez rapidement par le petit groupe dirigeant. Pour l’exemple, nous avons eu en France un représentant de Dieu sur terre : le Roi. Le clergé était là pour légitimer ses décisions. Dans cet environnement, la Franc-maçonnerie, pour survivre, se devait de composer avec le régime en place. Le système anglais est encore imprégné de cette organisation. Pour preuve, le représentant officiel de la plus grande maison maçonnique du monde, la Grande Loge Unie d’Angleterre, est le cousin de la reine Élisabeth II. Son Altesse Royale le Duc de Kent, « Brother Edward » pour les intimes, est donc le Grand Maître de la maison mère de la Franc-maçonnerie, celle qui est née un 24 juin 1717.

Puisque nous sommes entre nous, je vous avoue qu’en matière de principe démocratique, cela laisse à désirer, non ? Jusqu’à preuve du contraire, le fameux « Frère Edward » a été élu par ses Frères en 1967, Peut-on encore parler d’élu lorsqu’on est en poste depuis presque un demi-siècle ? N’envisageons évidemment pas les Sœurs, car « Oh My God », ces dernières n’ont pas voix au chapitre.

Commandez-le livre intégral dès maintenant


[1] Le thème de la théocratie est au cœur d'un débat aux États-Unis. Le terme Theocracy est employé pour dénoncer l'envahissement des débats politiques par des discours religieux, notamment pentecôtistes et évangéliques.

[2] Source Express du 19 avril 2013 et page Wikipédia de l’intéressé.